Des Fermes Locales Enrichissent le Système de Santé Local à Terre-Neuve-et-Labrador : Un Projet Pilote est en Cours

Ce projet a pour but de tirer parti de l’énorme potentiel de nos établissements de santé pour appuyer un système alimentaire dynamique dans notre province en offrant aux patients des repas sains composés d’ingrédients locaux.


Bon nombre des projets de Food First NL reposent en partie sur un objectif commun, celui de faire du choix santé le choix facile pour les résidents de Terre-Neuve-et-Labrador. Qui plus est, Food First NL veut que le choix local devienne le choix facile.

Une des étapes clés pour atteindre ces objectifs consiste à augmenter la quantité d’aliments sains locaux servis dans les établissements publics, comme les écoles et les hôpitaux, où l’on nourrit de nombreuses personnes tous les jours. Cette étape concorde avec les efforts déployés par de nombreux organismes communautaires dans la province, qui eux aussi s’efforcent d’améliorer l’accès aux choix santé.

Par l’intermédiaire de notre partenariat avec le réseau De la ferme à la cafétéria Canada et du programme de bar à salade De la ferme à l’école, nous avonsfacilité l’approvisionnement en aliments locaux dans une cafétéria scolaire. En effet, grâce à ce programme, les aliments produits sur une ferme locale sont servis aux élèves du Collège St Bonaventure, à St. John’s. Et au cours des prochaines semaines, nous annoncerons l’expansion du programme dans d’autres écoles terre-neuviennes. Nous sommes ravis d’annoncer également que nous avons commencé à préparer le terrain pour le lancement d’une initiative semblable dans le système de santé.

La nécessité d’un mouvement De la ferme aux établissements de santé

Cette initiative est particulièrement importante dans une province comme la nôtre : nous avons le plus faible taux de consommation de fruits et légumes au Canada et l’un des taux les plus élevés de problèmes de santé liés au régime alimentaire, dont les maladies cardiaques et le diabète. Les soins de santé figurent donc parmi les trois plus grandes dépenses annuelles de notre province.

Selon l’initiativeNourrir la santéde la FondationMcConnell, qui façonne l’avenir de l’alimentation dans les soins de santé, les cinq maladies chroniques les plus étroitement liées à une mauvaise alimentation au Canada coûtent plus de 25 milliards de dollars par année au système de soins de santé canadien (infographique). 

Dans cet esprit, il est facile de soutenir que l’alimentation en milieu hospitalier devrait servir d’occasion pour enseigner l’alimentation saine et encourager les patients à adopter une bonne nutrition dans le cadre du processus de guérison et de la vie saine en général.

À l’heure actuelle cependant, les rapports de Nourrir la santé indiquent que le gaspillage dans le cabaret des patients peut atteindre 50 %, en partie parce que ces derniers choisissent de ne pas manger les repas peu alléchants actuellement servis dans de nombreux hôpitaux canadiens. Ce gaspillage se traduit par une perte alimentaire annuelle de 45 M$ à l’échelle nationale.

À Food First NL, nous croyons que les établissements de santé de notre province sont très bien placés pour être les champions de l’alimentation saine, locale et délicieuse.

Le mouvement De la ferme aux établissements de santé a le potentiel de revitaliser notre secteur alimentaire

À Terre-Neuve-et-Labrador, le mouvement De la ferme aux établissements de santé peut aussi ouvrir la voie à l’énorme potentiel du pouvoir d’achat du secteur de la santé en lui permettant d’agir comme moteur économique pour les agriculteurs, les pêcheurs et les autres producteurs d’aliments locaux. Les établissements de santé achètent et servent une quantité phénoménale de nourriture tous les jours et pourraient donc contribuer à la création d’un système alimentaire plus dynamique et robuste à Terre-Neuve-et-Labrador.

Si Terre-Neuve-et-Labrador compte des centaines de fermes aujourd’hui, celles-ci se chiffraient autrefois dans les milliers. Par conséquent, notre province ne produit que 10 % des fruits et légumes que nous consommons. En dépendant de l’importation pour l’autre tranche de 90 %, nous finissons par payer des prix plus élevés pour des produits qui passent beaucoup de temps en transit, ce qui en diminue la qualité.

Pour rependre encore une fois les propos de Nourrir la santé, puisque les dépenses en services alimentaires s’élevent à quatre milliards de dollars par année, il est temps d’exploiter le pouvoir d’achat et l’influence du secteur de la santé et d’en faire une occasion à saisir plutôt qu’un obstacle à franchir… dans l’intérêt des patients, des établissements et des collectivités.

Par exemple, la Central Regional Health Authority, l’une des quatre régies régionales de la province, sert à elle seule quelque 95 000 personnes dans 177 collectivités par l’intermédiaire de 45 différents établissements de santé. Les contrats d’approvisionnement institutionnels à grande échelle de nos régies de la santé pourraient insuffler un nouvel élan économique à notre secteur alimentaire local plutôt que de soutenir des fournisseurs alimentaires de l’extérieur.

Un lien avec le plan de travail pour l’avenir du secteur agricole

Conscients du travail à accomplir pour faire progresser notre système alimentaire, le gouvernement provincial et l’industrie ont élaboré un plan de travail pour l’avenir du secteur agricole (The Way Forward on Agriculture Sector Work Plan). Ce plan invite divers ministères, la NL Federation of Agriculture et dix autres partenaires, dont Food First NL, à unir leurs forces pour stimuler la croissance de notre secteur agricole provincial.

Dans le cadre du plan, on s’engage à doubler l’autosuffisance alimentaire d’ici 2022 et à doubler le nombre d’emplois directs dans l’industrie. La création de projets pilotes où les établissements de santé serviraient plus d’aliments locaux permettrait à notre province de franchir un grand pas vers l’atteinte de ces deux objectifs.

Étant donné le volume même de nourriture servi chaque jour dans les établissements de santé locaux, l’approvisionnement en aliments locaux dans les hôpitaux aurait pour effet d’augmenter la capacité et la viabilité financière de l’agriculture locale en offrant aux fermiers plus de débouchés pour la vente de leurs récoltes. L’augmentation de leurs revenus augmenterait leur capacité d’embauche et créerait plus d’emplois locaux dans le secteur agricole. Dans le cadre du plan, on vise à générer un supplément de 500 années-personnes d’emploi.

L’une des premières tâches de Food First NL dans le cadre du plan de travail pour l’avenir du secteur agricole consiste à développer un projet pilote pour l’ajout de produits frais locaux aux menus des établissements de santé. Ce projet est le premier point d’intervention recommandé dans le plan et nous l’élaborons en collaboration avec la NL Federation of Agriculture, le ministère des Pêches et des Ressources foncières, le ministère de la Santé et des Services communautaires et le ministère des Enfants, des Aînés et du Développement social, avec une aide financière initiale de Growing Forward 2.

Le projet s’inspire de modèles exemplaires au Canada

Un examen des initiatives De la ferme aux établissements de santéqui ont remporté du succès au Canada nous a permis d’accepter ce projet avec la certitude de pouvoir obtenir de bons résultats ici. Cet examen nous a aussi permis de prendre connaissance des principales pratiques exemplaires à adopter pour le lancement d’une telle initiative.

Il nous a suffi de jeter uncoup d’œil sur la Nouvelle-Écosse pour savoir que nous pouvonsétablir un projet De la ferme aux établissements de santé ici. Chez nos voisins, le centre Ecology Action Centre a collaboré avec des hôpitaux et des établissements de soins de longue durée afin d’y servir des produits de la mer pêchés à l’échelle locale et de façon durable. On a demandé au personnel des services alimentaires d’indiquer leurs besoins, après quoi on a mis ces derniers en contact avec des pêcheurs artisanaux. Quatre établissements de soins de santé en Nouvelle-Écosse achètent désormais une part importante de leurs poissons et fruits de mer auprès de transformateurs locaux.

Les prochaines étapes

Ayant réalisé un examen des pratiques exemplaires en Amérique du Nord, nous nous préparons maintenant à mettre à contribution nos partenaires clés et les acteurs du domaine pour guider la création d’un projet pilote De la ferme aux établissements de santé à Terre-Neuve-et-Labrador.

Au cours des prochains mois, nous tiendrons des conversations avec des agriculteurs, des fournisseurs de services alimentaires et des distributeurs d’aliments afin de mieux comprendre les solutions innovatrices qui existent pour instaurer une alimentation plus locale dans les établissements de santé à Terre-Neuve-et-Labrador. Ce processus d’engagement des acteurs du domaine a finalement pour but de rationaliser l’élnaboration et la mise en œuvre du projet pilote tout en améliorant les probabilités d’adhésion des acteurs.

Nous en sommes présentement à la première phase du projet : évaluer sa faisabilité, choisir une région et un établissement comme partenaires et concevoir l’initiative. Le projet se déroulera dans un seul établissement, dans la régie régionale de la santé du centre ou de l’ouest.

Si vous souhaitez suivre l’évolution du projet pilote, abonnez-vous au bulletin mensuel deFood First NL. Et si vous avez des questions, n’hésitez pas à communiquer avec Sarah Ferber, à sarahferber@foodfirstnl.ca.